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Richard Gervais Du silence et
des ombres (version française de To Kill
a Mockingbird) : une remarquable ode à la tolérance États-Unis / 1962 / en noir et blanc / 129 minutes. Réalisé par Robert Mulligan. Avec Gregory Peck, Mary Badham, Phillip Alford, Brock Peters et Robert Duvall.
Veuf, quadragénaire et père de deux enfants parfois turbulents, Atticus Finch (Gregory Peck) vit dans un village dAlabama. Avocat réputé, il est un jour accosté par un juge pour défendre Tom Robinson (Brock Peters), accusé davoir agressé sexuellement la fille dun fermier du voisinage. Épris de justice, Finch accepte avec empressement cette cause, suscitant parmi la population des commentaires fort négatifs qui se répercuteront jusque dans lécole que fréquentent ses enfants, Scout et Jem (Mary Badham et Phillip Alford). Agacés par le harcèlement de leurs collègues de classe et curieux de tout savoir sur le cas, ceux-ci réussiront à se glisser dans la salle daudience pour assister aux délibérations. Ils en acquerront une grande estime de leur géniteur. Cette cause leur apprendra du même coup à éviter de juger, plus particulièrement un de leurs voisins (Robert Duvall) dont la bizarrerie les effraie. Du silence et des ombres est distinctement composé de deux parties. Sur un ton plus léger, la première se déroule souvent en extérieurs et contribue à nous dévoiler le caractère des enfants Finch. Le côté garçon manqué de Scout est plutôt amusant; on sent quelle a carrément le dessus sur son frère Jem, plus « cérébral ». Les deux jeunes comédiens qui les interprètent sont talentueux et charmants. La seconde partie, plus prenante, se déroule presque exclusivement dans la salle daudience et regorge de brillants interrogatoires, parfois très durs. On y voit toute létendue du registre du regretté Gregory Peck (décédé en juin 2003) et on ne peut que féliciter lAcadémie de lui avoir décerné lOscar du meilleur acteur. Cest indéniablement une des plus impressionnantes performances de lhistoire du cinéma parlant. Il faut également souligner que lextraordinaire Robert Duvall dont la suite de la carrière fut fabuleuse (Le Parrain, Apocalypse Now, etc.) y fit ses débuts au cinéma. Peu présent à lécran, son personnage joue cependant un rôle clé dans la conclusion (aussi triste quimprévisible) de Du silence et des ombres. Des dialogues sur le fil du rasoir, des
comédiens exceptionnels, une direction artistique irréprochable et une photographie
mémorable font de cette réalisation de Robert Mulligan (Un Été 42, LAutre) un réel joyau. Plus de quarante ans
après sa sortie en salles, on apprécie toujours autant ce long métrage dont le propos
na pas pris une ride. Septembre
2006. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Automne 2006)
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