The Wind That Shakes... (2006)

 

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Richard Gervais

The Wind That Shakes the Barley (version française : Le Vent se lève) : Caïn et Abel en Irlande * 

Allemagne – Italie – Espagne – France – Irlande – Royaume-Uni (2006); réalisé par Ken Loach; interprété par Cillian Murphy, Padraic Delaney, Liam Cunningham, Gerard Kearney, William Ruane et Orla Fitzgerald. 

Cillian Murphy et Padraic DelaneyLe plus récent film de Ken Loach (Raining Stones, Sweet Sixteen) dépeint les durs affrontements entre Irlandais et Anglais, au début du 20e siècle.

L’action de The Wind That Shakes the Barley se situe en Irlande en 1920. Des groupes de résistance se forment afin de lutter pour l’indépendance du pays. Les Irlandais désirent une nation bien à eux (tiens, tiens, eux aussi ?!) et ils entendent bien ne pas ménager leurs efforts. Témoins de tortures et de meurtres de la part des Anglais envers d’inoffensifs fermiers, les frères Damien et Teddy (Cillian Murphy et Padraic Delaney, troublants à souhait) se joignent à la Résistance. Enflammé par cette nouvelle mission, Damien met en veilleuse ses études en médecine pour supporter son peuple, surtout après avoir vu sa fiancée (Orla Fitzgerald) se faire maltraiter par leurs adversaires. Avant qu’un traité de paix (document bidon, s’il en est) soit signé entre l’Irlande et l’Angleterre, Damien et Teddy auront traversé maintes contrariétés. Ledit traité semant la confusion entre eux, il aboutira irrémédiablement et de façon dramatique.

Ceux de ma génération ne pourront s’empêcher de voir dans le film une histoire rappelant ce passage de la Bible où une haine féroce entre les frères Caïn et Abel s’achève dans le sang. Les luttes intestines tranchant les liens familiaux sont narrées avec grande sensibilité par le scénariste Paul Laverty et mises en scène avec un réalisme cru, à la limite du supportable, par Ken Loach. Les supplices rapportés dans ce film prouvent à quel point l’être humain est son pire ennemi.

Les âmes fragiles seront éprouvées par The Wind That Shakes the Barley, évidemment, mais il vous faut le voir. Boudée par les Oscars (aucune nomination, est-ce possible ?), cette magistrale production avait empoché la Palme d’or à Cannes, l’année dernière, récompense amplement justifiée pour une œuvre ardente au propos capital. 9/10

Site officiel du film

2007-03-12.

* Fait partie de mes films favoris de 2007.

 

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