The Time Machine (1960)

 

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Richard Gervais

The Time Machine (version française : La Machine à explorer le temps) : un pas de géant pour le cinéma de science-fiction

États-Unis / 1960 / en couleurs / 103 minutes.

Réalisé par George Pal.

Avec Rod Taylor, Alan Young, Yvette Mimieux et Sebastian Cabot.

À l’instar de nombreux petits Québécois, ma passion du cinéma naquit dans les salles paroissiales : copies égratignées, lentille pas toujours au foyer, volume du son fluctuant sans arrêt, etc. Si ces inconvénients m’irritaient, ils ne m’empêchaient pas de revenir, semaine après semaine, m’asseoir dans l’obscurité pour oublier, durant quelques heures, le cauchemar des devoirs de mathématiques…

J’ai revu très peu de films de cette époque d’insouciance, à part quelques Hitchcock et un de mes préférés : La Machine à explorer le temps.

Toujours d’actualité, la fascination du voyage dans le temps n’est guère possible, malgré les percées technologiques des XXe et XXIe siècles. Ce rêve fut immortalisé dans la littérature par H.G. Wells. Pour le grand écran, George Pal a traduit en images hallucinantes cette saga et, mis à part les Morlocks (monstres à la peau caoutchouteuse), l’adaptation assez fidèle déborde de trouvailles visuelles qui furent d’ailleurs gratifiées d’un Oscar.

Londres, 31 décembre 1899. À l’aube du nouveau millénaire, l’inventeur George Wells (Rod Taylor) reçoit à dîner quelques amis avec un but bien précis. Il désire leur dévoiler son obsession de voyager dans le temps. Leur faisant la démonstration d’une maquette de sa machine à explorer le temps, il ne réussit pas à les convaincre. La discussion s’envenime légèrement, puis tous partent vaquer aux célébrations de la Nouvelle Année. Pas George. Aussitôt que sa femme de ménage quitte la maison, il grimpe à bord de son invention, en route vers un monde répondant davantage à ses choix de vie que la présente époque, croit-il.

Les premières minutes de son périple sont grisantes : il voit le soleil et la lune se succéder dans le ciel à une vitesse vertigineuse. De plus en plus intrigué, il pousse plus à fond son invention, jusqu’en l’an 802 701. Les jardins luxuriants et la jeunesse des terriens du futur le ravissent, mais d’amères surprises l’attendent dans le détour…

Tout au long du film, les images apocalyptiques ne manquent pas et les motivations du personnage de George – bien qu’il coure un peu trop après les problèmes – nous subjuguent; ses préoccupations deviennent rapidement les nôtres. Nous partageons également sa compassion pour cette population qui ne s’intéresse ni au passé, ni à l’avenir. Bien qu’un peu maladroitement mises en scène, les bagarres de Wells contre les horribles Morlocks attisent notre haine envers ce peuple de dominateurs adeptes de cannibalisme.

Avec La Machine à explorer le temps, la science-fiction cinématographique avait accompli un pas de géant, plusieurs années avant Star Wars et Alien.

Mai 2007.

(NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L’AER – Action, Été 2007)

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