Shake Hands with the Devil (2007)

 

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Richard Gervais

Shake Hands with the Devil (version française : J’ai serré la main du diable) : le touchant cheminement d’un homme brisé par la violence de ses semblables.

Canada (2007); réalisé par Roger Spottiswoode; interprété par Roy Dupuis, Deborah Kara Unger, James Gallanders, Odile Katesi Gakire et Tom McCamus.

 

L’homme est le pire ennemi de l’homme, dit-on. Ce long métrage basé sur les mémoires du lieutenant-général Roméo Dallaire (joué par Roy Dupuis, photo ci-contre) le prouve avec éclat.

Chargé avec son équipe d’aller exercer le dur métier de peacekeeper au Rwanda, cet héroïque Canadien en tirera une expérience douloureuse. L’impasse dans laquelle se trouve l’incessant conflit entre les hutus et les tutsis paraît insoluble. Déterminé et assoiffé de justice, Dallaire se jure de ramener la paix dans ce pays regorgeant de violences sanglantes où l’utilisation de la machette apparaît comme l’unique solution préconisée par la population tutsie.

Les ressources humaines et matérielles manquant, le noble combat du lieutenant-général et de son équipe s’avérera des plus chimériques…

Capable du meilleur (And the Band Played on) comme du pire (Turner & Hooch), le réalisateur Roger Spottiswoode nous offre avec Shake Hands with the Devil une œuvre humaniste bien que certaines de ses images soient fort éprouvantes. Les cadavres qui s’amoncellent tout au long de cette habile reconstitution feront fermer les yeux aux plus sensibles.

À peu près tout dans cette production respire au rythme de la motivation du personnage central. Affectés par cette mission improbable, on ne peut s’empêcher d’adhérer avec émotion au comportement du lieutenant-général, oscillant – mais sans la moindre complaisance – entre les coups de gueule et les larmes. On se sent effectivement bien impuissants, installés confortablement dans notre fauteuil de multiplex !

Sans atteindre le haut niveau de Hotel Rwanda, Shake Hands with the Devil renferme néanmoins une imposante succession de moments forts qui démontrent – définitivement – le talent époustouflant de Roy Dupuis. Ses collègues impressionnent tout autant, sauf le Français Jean-Hugues Anglade (37°2 le matin) qui interprète sans une once de vraisemblance un Belge dépêché sur place (un très court rôle, Dieu merci !).

Shake Hands with the Devil : un film poignant et dérangeant à souhait.  7/10

Site officiel du film

2007-09-27.

 

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