Le Secret de ma mère (2006)

 

Accueil Retour

Richard Gervais

Le secret de ma mère : une formidable chronique familiale 

Québec / Canada (2006); réalisé par Ghyslaine Côté; interprété par Ginette Reno, Céline Bonnier, Clémence DesRochers, Marie-Chantal Perron et David Boutin.

 

Céline Bonnier et Ginette RenoSupposés être des lieux de recueillement, les salons funéraires – sans qu’on sache vraiment pour quelles raisons – deviennent souvent des endroits ponctués d’éclats de rire gênés et de curieux règlements de comptes. L’action principale du nouveau film de Ghyslaine Côté (réalisatrice de Elles étaient cinq) se situe dans un de ces établissements où est exposée la dépouille de Jos (Guy Thauvette). Tous ses proches s’y réunissent, même son ex-femme Blanche (Ginette Reno) dont il était séparé depuis vingt ans. Leur fille Jeanne (Céline Bonnier) ne se doute pas que cette journée sera fertile en révélations. Elle en apprendra beaucoup, non seulement sur elle et sur ses parents, mais aussi sur ses tantes et sur sa cousine Annie (Marie-Chantal Perron). 

Pour dévoiler peu à peu ce fameux ‘secret’, Ghyslaine Côté et son coscénariste Martin Girard procèdent par d’ingénieux flashbacks relatant les premiers balbutiements du couple Jos-Blanche (joués, plus jeunes, par David Boutin et Joëlle Morin). Délicatement, par petites touches, Côté et Girard développent l’intrigue tout en faisant de nous les témoins privilégiés de cette formidable chronique familiale chargée de réparties parfois acidulées, tantôt loufoques et même, de temps à autre, carrément tragiques… 

Sans atteindre la forte dimension psychologique de Elles étaient cinq, Le Secret de ma mère nous fait passer un vrai beau moment de cinéma. Les personnages féminins y sont décrits avec une mixture troublante de vulnérabilité et de force de caractère, donnant lieu à de remarquables numéros d’actrices. Face à une poignée de comédiennes aguerries et réputées, Ginette Reno n’est pas en reste, y jouant son plus beau rôle à ce jour. Malheureusement, Ghyslaine Côté n’a pas déployé autant d’efforts du côté masculin : ‘ses’ hommes sont unidimensionnels et peu nuancés, bien que correctement interprétés. 

D'une sincérité de tous les instants, Le Secret de ma mère se détache singulièrement de la programmation estivale qui se contente habituellement d’aligner les navets. Ce généreux film québécois remuera de multiples souvenirs d’enfance à la génération des baby-boomers.

 

Juillet 2006.

 

CalendrierCulturel.com © 2006-2008