Sans elle (2006)

 

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Richard Gervais

Sans elle : l’émotion prévue n’est pas tellement au rendez-vous

Québec / Canada (2006); réalisé par Jean Beaudin; interprété par Karine Vanasse, Marie-Thérèse Fortin, Maxim Gaudette, Robert Lalonde et Michel Dumont.

Karine Vanasse et Marie-Thérèse FortinÉtablie à Florence depuis deux ans pour exorciser l’immense peine provoquée par la disparition de sa mère Hélène, Camille (Karine Vanasse) est forcée de rentrer au Québec. Perturbée psychologiquement et victime d’un malaise en visitant un musée florentin, la jeune femme est ramenée au pays par sa tante (Isabel Richer).

Quoique son entourage insiste sur le fait qu’Hélène (Marie-Thérèse Fortin) ne reviendra jamais, Camille s’entête. Précipitamment, elle fuit la maison familiale, accompagnée de Solo, un pseudo-musicien sale et handicapé (Maxim Gaudette). D’amères révélations attendent la triste enfant qui ira jusqu’aux Îles de la Madeleine pour faire éclater la vérité.

Jean Beaudin (J.A. Martin, photographe, Being at home with Claude) aurait déclaré que Sans elle constitue son film le plus achevé. Permettez-moi de ne pas être de son avis… Bien que la réalisation soit soignée dans l’ensemble, on n’arrive pas à être vraiment émus par l’odyssée de Camille. La psychologie de l’héroïne manque parfois de nuances, rendant les efforts de Karine Vanasse un peu vains.

Ceci dit, la plupart des dialogues de Sans elle sont écrits dans une langue qui frappe fort, permettant de grands numéros d’acteurs, surtout de la part de Marie-Thérèse Fortin, fragile et frémissante, et de Maxim Gaudette, désinvolte à souhait.

Parmi les aspects les plus réussis de ce long métrage, soulignons la photographie à la fois belle et rugueuse de Pierre Mignot et la trame sonore, discrète et efficace, de Jean Robitaille.

Au bout du compte, Sans elle nous laisse un peu froids, sans toutefois nous brouiller avec le talent de Jean Beaudin, un artisan indispensable à notre cinématographie.

Septembre 2006.

 

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