Que Dieu bénisse l'Amérique (2006)

 

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Richard Gervais

Que Dieu bénisse l’Amérique : une finale un peu mièvre…

Québec / Canada (2006); réalisé par Robert Morin; interprété par Gildor Roy, Sylvie Léonard, Patrice Dussault, Marika Lhoumeau, Sylvain Marcel, René-Daniel Dubois et Gaston Lepage.

Le 11 septembre 2001, ça vous dit quelque chose ? Alors que le monde entier est viré sens dessus dessous par l’événement new yorkais, Pierre St-Roch (Sylvain Marcel) a d’autres chats à fouetter. Libéré la veille, ce banlieusard taciturne doit reconstruire sa vie, tentant d’effacer à jamais de sa mémoire son passé de prédateur sexuel. Figurant sur une liste d’individus dangereux, St-Roch craint en outre d’être la prochaine victime d’un justicier inconnu qui s’est donné pour mission d’éliminer les agresseurs d’innocents.

Gildor RoyAutour de Pierre, tourbillonne une galerie hétéroclite de personnages. L’enquêteur Maurice Ménard (Gildor Roy, photo ci-contre) tarde à piéger le tueur d’agresseurs, malgré l’aide de son collègue et ami (Patrice Dussault). La femme de ce dernier (Sylvie Léonard) est une névrosée de première classe, alors qu’un voisin solitaire, Claude Lemoyne (Gaston Lepage), n’en mène pas large, lui non plus. L’intrigue de Que Dieu bénisse l’Amérique se déroule en dedans de vingt-quatre heures, journée bien remplie, c’est le moins que l’on puisse dire!

L’intérêt de ce long métrage ne réside pas tant dans l’histoire policière que dans la peinture de cette communauté de banlieue qui se serre les coudes dans des circonstances difficiles. Le réalisateur Robert Morin aime ses personnages et, bien qu’aucun ne soit au-dessus de tout soupçon, il ne condamne personne. Comme il l’avait déjà prouvé (notamment dans Requiem pour un beau sans-cœur), Morin sait raconter sans fioritures une intrigue, quelque complexe qu’elle soit. Il sait aussi diriger ses acteurs avec une main de fer sans laquelle on aurait eu droit à d’insupportables caricatures.

Que Dieu bénisse l’Amérique est un film intéressant, si on en oublie les dernières minutes. On avait compris les intentions des producteurs; il était donc inutile de nous livrer ce message de paix et de tolérance, marqué au crayon gras.

Février 2006.

 

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