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Richard Gervais La Mariée était en noir : Sublime Jeanne
Moreau ! France Italie /1968 / en couleurs / 107 minutes. Réalisé par François Truffaut. Avec Jeanne Moreau, Michel Bouquet, Jean-Claude Brialy et Charles Denner.
Déprimée, suicidaire et veuve depuis
peu, Julie Kohler (Jeanne Moreau) habite chez sa mère. La jeune femme au regard absent
feuillette inlassablement son album de mariage qui fut ponctué par le décès de son
époux, tué par balles, tout juste en sortant de léglise après la cérémonie.
Depuis, Julie vit lenfer. Pour se libérer de sa hantise, elle prend la décision de
contacter les responsables de son chagrin pour les éliminer. Oui, elle se jure bien de
faire payer ces monstres pour lavoir séparée du seul homme quelle ait jamais
aimé. Elle quitte précipitamment la maison de sa mère, déclarant à celle-ci
quelle prend le train et ignore la date de son retour. Peinée de ce départ
inopiné, la vieille dame accepte néanmoins de laisser sa fille aller séjourner sous
dautres cieux. Déterminée, Julie parcourt de longs
trajets où elle compte utiliser sa beauté et sa suprême intelligence pour arriver à
ses fins. Ayant appris lidentité des meurtriers, elle provoque des rencontres avec
eux, mais un seul à la fois, afin décarter les inévitables soupçons de la
police. La futée demoiselle commet ses méfaits dans des circonstances différentes et
dans des endroits fort éloignés les uns des autres. Cette ruse machiavélique
suffira-t-elle à la soustraire aux interrogatoires dinspecteurs trop curieux ? Quoique La Mariée était en noir accuse le poids des
années avec son récit un peu feuilletonesque, on y retrouve cependant un des rôles les
plus percutants de Jeanne Moreau qui se glisse avec une rare aisance dans ce personnage
aux couleurs presque illimitées. Cette Julie peut tout autant déployer une candeur
presque enfantine, pour ensuite se transformer en séductrice agressive ou encore afficher
une expression de pure nonchalance. Les seconds rôles sont incarnés avec
professionnalisme par une galerie de grands acteurs dont le regretté Charles Denner qui
allait connaître la renommée quelques années plus tard avec LHomme qui aimait les femmes, une autre
merveille signée Truffaut. Quant à la trame sonore composée par Bernard Herrmann (qui sétait souvent associé à Alfred Hitchcock), elle ajoute une dimension non négligeable au cheminement tordu de linfortunée Julie. Juillet 2006. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Été 2006)
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