Le Bon, la brute et le truand (1966)

 

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Richard Gervais

Le Bon, la brute et le truand (version française de Il buono, il brutto, il cattivo) : un véritable feu d’artifice

Espagne – Allemagne – Italie / 1966 / en couleurs / 161 minutes.

Réalisé par Sergio Leone.

Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach et Aldo Giuffre.

Clint Eastwood est l’illustration vivante du proverbe « Nul n’est prophète en son pays. » Lorsque la télésérie Rawhide prit fin, cet acteur né à San Francisco en 1930 rencontra, par un heureux hasard, le cinéaste italien Sergio Leone. L’étroite collaboration entre ces deux talentueux messieurs apporta un authentique renouveau au western. Tournée en Espagne et en Italie, la trilogie de ‘L’Homme sans nom’ (dont les premiers volets s’intitulaient Pour une poignée de dollars et Et pour quelques dollars de plus) se conclut par un incroyable feu d’artifice : Le Bon, la brute et le truand. Dès l’arrivée de ce film sur les écrans, la réputation d’Eastwood s’établit pour de bon. Quelques années plus tard, il devint même un réalisateur fort doué.

Le Bon, la brute et le truand narre les mésaventures d’un trio de choc. Sentenza (Lee Van Cleef), vaurien dénué de scrupules, est à la recherche d’un certain Jackson qui détient un coffre contenant 200 000 $ en or. Quant à Joe (Clint Eastwood) et Tuco (Eli Wallach), sans le savoir, ils suivent constamment les mêmes pistes. Un des passe-temps favoris de Joe : couper à distance (et d’un seul coup de fusil !) la corde avec laquelle on s’apprête à pendre Tuco, condamné à répétition pour toutes sortes de délits. Si Joe préfère le silence à la parole, on ne saurait en dire autant de Tuco qui hurle des injures sans arrêt, tel un Capitaine Haddock à la puissance 10. Cet être répugnant en fera allègrement baver à son collègue.

Ennemis jurés, Joe et Tuco sont inséparables pour une excellente raison : une chasse au trésor (eh oui, le même que Sentenza). Ce magot est caché dans une tombe et, pour se l’approprier, la connivence des deux partenaires est indispensable. Tuco sait de quel cimetière il s’agit, mais il ignore dans quel cercueil sont camouflés les dollars. Pour sa part, Joe connaît le nom gravé sur la pierre tombale, mais il n’a pas la moindre idée de l’emplacement du cimetière. L’affrontement final entre les trois héros au cœur de cet imposant cimetière s’avérera le point d’orgue d’une lutte à finir.

Dès le début, on sent qu’on ne connaîtra aucun répit avec cette intrigue d’une telle intensité qu’on en perd parfois le souffle. Élément non négligeable : les acteurs paraissent autant s’amuser sur l’écran que nous sur notre divan.

Si les bijoux que nous a offerts Sergio Leone scintillent autant, ils le doivent en grande partie aux puissantes trames musicales du phénoménal Ennio Morricone. On ne le dira jamais assez : les bandes sonores de ce génie sont souvent belles à pleurer.

Le Bon, la brute et le truand est un divertissement de premier ordre, même pour les plus sévères « anti-westerns ».

Décembre 2007.

(NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Été 2005).

 

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