|
|
|
Richard Gervais Le Bon, la brute et le truand (version française de Il buono, il brutto, il cattivo) : un véritable feu dartifice Espagne Allemagne Italie / 1966 / en couleurs / 161 minutes. Réalisé par Sergio Leone. Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach et Aldo Giuffre.
Le Bon, la brute et le truand narre les mésaventures dun trio de choc. Sentenza (Lee Van Cleef), vaurien dénué de scrupules, est à la recherche dun certain Jackson qui détient un coffre contenant 200 000 $ en or. Quant à Joe (Clint Eastwood) et Tuco (Eli Wallach), sans le savoir, ils suivent constamment les mêmes pistes. Un des passe-temps favoris de Joe : couper à distance (et dun seul coup de fusil !) la corde avec laquelle on sapprête à pendre Tuco, condamné à répétition pour toutes sortes de délits. Si Joe préfère le silence à la parole, on ne saurait en dire autant de Tuco qui hurle des injures sans arrêt, tel un Capitaine Haddock à la puissance 10. Cet être répugnant en fera allègrement baver à son collègue. Ennemis jurés, Joe et Tuco sont inséparables pour une excellente raison : une chasse au trésor (eh oui, le même que Sentenza). Ce magot est caché dans une tombe et, pour se lapproprier, la connivence des deux partenaires est indispensable. Tuco sait de quel cimetière il sagit, mais il ignore dans quel cercueil sont camouflés les dollars. Pour sa part, Joe connaît le nom gravé sur la pierre tombale, mais il na pas la moindre idée de lemplacement du cimetière. Laffrontement final entre les trois héros au cur de cet imposant cimetière savérera le point dorgue dune lutte à finir. Dès le début, on sent quon ne connaîtra aucun répit avec cette intrigue dune telle intensité quon en perd parfois le souffle. Élément non négligeable : les acteurs paraissent autant samuser sur lécran que nous sur notre divan. Si les bijoux que nous a offerts Sergio Leone scintillent autant, ils le doivent en grande partie aux puissantes trames musicales du phénoménal Ennio Morricone. On ne le dira jamais assez : les bandes sonores de ce génie sont souvent belles à pleurer. Le Bon, la brute et le truand est un divertissement de premier ordre, même pour les plus sévères « anti-westerns ». Décembre
2007. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Été 2005).
|