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La Strada :
quand le cinéma devient poésie
Italie / 1954 / en noir et blanc / 108 minutes. Réalisé par Federico Fellini. Avec Anthony Quinn, Giulietta Masina, Richard Basehart et Aldo Silvani.
En 40 ans de carrière, Federico Fellini (1920-1993) a réalisé moins de 25 films. Ses inconditionnels diront sans doute que leur idole avait préféré la qualité à la quantité. Chose certaine, le plus célèbre cinéaste italien a laissé en héritage une uvre impressionnante à lintérieur de laquelle les rapports humains occupaient une grande place. Son épouse et actrice fétiche Giulietta Masina campa dailleurs un de ses plus beaux rôles dans La Strada, aux côtés dun Anthony Quinn grossier à souhait. Désespérée de lindigence de sa famille, une femme vend sa fille aînée Gelsomina (Giulietta Masina) à Zampano, un saltimbanque des rues (Anthony Quinn), pour 10 000 lires. La nouvelle vie de cette demoiselle un peu simple desprit sera jalonnée de malheurs provoqués par le caractère agressif de son compagnon dinfortune. Bon vivant, ce dernier priorise la bouteille et les autres femmes : pauvre Gelsomina ! Celle-ci ne possédant pas le talent nécessaire pour jouer du tambour afin dintroduire le numéro de Zampano, elle se transformera en clown pour faire rire les passants. Ainsi, ces derniers se feront peut-être un peu moins prier pour donner leur contribution quand le clown passera le chapeau à la fin de la performance de Zampano qui, de la seule puissance de ses pectoraux, brise une chaîne enroulée autour de son torse. Sans défense et traitée comme une moins que rien par son 'patron', Gelsomina sera accostée par un funambule un peu fou (Richard Basehart, le futur amiral Nelson de la télésérie "Voyage to the Bottom of the Sea"), déclenchant la furie de Zampano. Gelsomina poursuit donc sa route avec Zampano, à bord dune moto-roulotte qui avance de peine et de misère. Sans vous révéler la conclusion de La Strada, vous devinez probablement quune histoire aussi dramatique ne peut que mal se terminer Plus quun long métrage réussi, cette production à la photographie intentionnellement grisâtre et sale savère une plongée sans pitié dans un univers certes dur mais constamment illuminé par la poésie émanant de la naïveté de Gelsomina. Parfaitement dirigée par son époux, Giulietta Masina est phénoménale, tout comme Anthony Quinn qui, dans la toute dernière scène, laisse craquer sa carapace de brute, nous faisant instantanément monter les larmes aux yeux. Juillet
2008. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal LAER Action, Automne 2008)
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