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Richard Gervais La Folie des grandeurs : un divertissement
haut de gamme France Espagne Italie Allemagne / 1971 / en couleurs / 107 minutes. Réalisé par Gérard Oury. Avec Louis de Funès, Yves Montand, Alice Sapritch et Karin Schubert.
Collecteur dimpôts pour le roi, Don Salluste (de Funès) est un individu zélé et désagréable. Son valet Blaze (Montand) ne semble pas lestimer outre mesure mais, pour garder son emploi, il ne doit en aucun cas contrarier son maître. Par ailleurs, Blaze est amoureux fou de la reine (Karin Schubert) et il se désole quelle soit lépouse du souverain. La donne change le jour où la reine apprend à Don Salluste quil perd son grade de chevalier car on le soupçonne dêtre père dun enfant illégitime. Furieux de cette calomnie, Don Salluste sinsurge en vain contre les ouvriers chargés de vider ses appartements. Se demandant ce quil va devenir, il congédie Blaze et prépare sa vengeance. Par la suite, Blaze est témoin dun complot pour assassiner le roi; caché derrière une porte, il observe les mécréants fomenter leur plan. Vient ensuite lépisode crucial et hilarant au cours duquel Don Salluste est destitué et exilé dans un couvent où il devra proclamer des vux de chasteté et de pauvreté Cette cérémonie est interrompue par une formidable explosion que les autorités imputent à Don Salluste. Nous ne sommes pas encore au bout de nos surprises. Citons par exemple le farfelu malentendu faisant croire à une des demoiselles dhonneur de la reine (Alice Sapritch, pas vraiment attirante) que le séduisant Blaze en pince pour elle : elle en est littéralement chavirée. La scène de son inénarrable striptease nous restera en mémoire longtemps. Les situations saugrenues pullulent dans ce long métrage et je men voudrais de vous priver du plaisir de les découvrir par vous-mêmes. Ce film fait en outre montre dun luxe époustouflant, autant dans les décors que dans les costumes. La bande sonore de Michel Polnareff (parfois très morriconienne) applique quant à elle une couleur majestueuse aux mésaventures de Don Salluste et Blaze. La Folie des grandeurs nous fait prendre conscience de limmense vide laissé par la disparition de Louis de Funès, comique né quon ne saurait remplacer. Pour sa part, Yves Montand avait dû grandement apprécier sa participation à cette satire qui le soustrayait momentanément de latmosphère claustrophobe de sa période Costa-Gavras (Z, LAveu, etc.). Contrairement à la majorité des comédies, on peut revoir La Folie des grandeurs et sy amuser tout autant que la première fois. Terminons sur une note coquine. La magnifique Karin Schubert (qui incarne la reine) a connu une suite de carrière beaucoup moins glorieuse. À lâge de 40 ans, elle a entamé un cycle de longs métrages XXX aux titres pour le moins évocateurs : Babette aime ses quequettes (!), Enfoncées bien à fond (!!), etc. Août 2007. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Automne 2007)
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