The Ladykillers (1955)

 

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Richard Gervais

TUEURS DE DAMES (The Ladykillers) : un délice d’humour noir

 Grande-Bretagne / 1955 / en couleurs / 91 minutes.

Réalisé par Alexander Mackendrick.

Avec Alec Guinness, Peter Sellers, Herbert Lom et Katie Johnson.

DVD 'The Ladykillers' Véritable spécimen de l’humour britannique, Tueurs de dames est un classique à l’état pur. Cette astucieuse comédie a conservé une telle jeunesse qu’on n’arrive pas à croire que cinq décennies se soient écoulées depuis sa sortie en salles. Également auteur des scénarios de Devine qui vient dîner? et Les Russes arrivent, William Rose (décédé en 1987) aurait déclaré que l’action de Tueurs de dames lui avait été entièrement dictée par un rêve…

Dans un modeste quartier londonien, Madame Louisa Wilberforce (Katie Johnson) habite une maisonnette devenue – malgré ses trois perroquets – trop grande depuis le décès de son mari. Pour tromper son ennui, cette colorée septuagénaire fréquente assidûment le poste de police voisin où elle raconte des histoires abracadabrantes. Désirant à tout prix partager son domicile, elle place une petite annonce offrant deux chambres à louer. Un certain Professeur Marcus (Alec Guinness) sonne un jour chez la vieille dame pour visiter l’endroit. Il accepte d’y résider, mais il y a un hic : il désirerait occuper les locaux comme salle de répétition avec quatre amis musiciens. Mme Wilberforce ne peut contenir sa joie : elle adore la musique! Les collègues de Marcus sont présentés à la propriétaire, puis emménagent avec leurs instruments. La vieille voulant les mettre à l’aise, elle ne cesse de les déranger en leur offrant du thé, des biscuits, etc. Elle ne se doute pas que ces soi-disant artistes (dépourvus du moindre talent musical) sont des filous qui l’utiliseront, elle et sa maison, pour orchestrer un coup fumant : le hold-up d’un camion blindé.

Pour ces bandits pas très futés, le séjour dans l’impeccable résidence sera ponctué d’incidents cocasses. Dès leur arrivée, Mme Wilberforce demande leur aide pour administrer un médicament à un de ses perroquets. Par la suite, elle les suppliera de se joindre à elle pour recevoir de vieilles amies passionnées de musique. Ces à-côtés perturbent énormément les opérations du quintette. Ne voyant chez leur hôtesse rien de plus qu’une vieille folle, ils négligent certains éléments de leur vol. Mme Wilberforce, qui cache sous sa candeur une redoutable intelligence, découvrira le pot aux roses. Outrés, les vauriens tireront à la courte paille pour déterminer lequel d’entre eux éliminera la trop curieuse dame qui a eu la mauvaise idée de se livrer à la police comme complice dans cette affaire. Qui s’en sortira, croyez-vous?!

En plus d’un rythme à l’emporte-pièce, Tueurs de dames bénéficie d’une histoire incroyablement marrante. Le jeu des acteurs est exceptionnel; ce fut d’ailleurs un des tout premiers rôles de Peter Sellers dont on détecte déjà tout le potentiel comique. Avec sa dégoûtante dentition, Alec Guinness insuffle à l’inquiétant Professeur Marcus une irrésistible drôlerie. Ce long métrage fut sans contredit le meilleur de l’extraordinaire Katie Johnson, décédée deux ans plus tard, après avoir tourné seulement un autre film.

Avis aux intéressés : le récent remake de Tueurs de dames par les frères Coen n’est pas trop mal foutu, mais il ne détrône absolument pas l’original.

Février 2006.

(NDLR  : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Hiver 2005-2006)

 

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