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Un Dimanche à
Kigali : un film capital
Guerre civile, génocide
Ces mots
terribles décrivent le cul-de-sac tragique du Rwanda, pays en constante déchirure. Les
incessants affrontements entre Tutsis et Hutus empilent les cadavres. Comme si ça ne
suffisait pas, le sida étend son empire sur ce peuple. Cinéaste à lâme de missionnaire,
Bernard Valcourt (Luc Picard) sinstalle pour quelque temps à Kigali, pour y tourner
un documentaire sur les ravages du sida. Il rencontre une jeune serveuse prénommée
Gentille (Fatou NDiaye) de laquelle il tombe amoureux fou. Ils ont pourtant bien peu
en commun : la couleur de peau et, de plus, Bernard aurait presque lâge
dêtre le père de la demoiselle
Ce couple sympathique devra vivre sa passion
dans un environnement hostile à tout sentiment positif. Basé sur le roman de Gil Courtemanche, Un Dimanche à Kigali nest pas vous
vous en doutiez bien une comédie bouffe. Toutefois, le réalisateur Robert Favreau
(Nelligan, Les Muses orphelines) a su traiter le sujet avec
une subtilité et une délicatesse touchantes. Là où dautres auraient cru
nécessaire dasperger lécran dhémoglobine, Favreau prêche plutôt
pour une description plus nuancée du Rwanda (bien que quelques scènes soient dune
violence inouïe). Tourner sur place a dû être éprouvant pour toute léquipe,
mais il sen dégage une telle véracité que le spectateur reste marqué pour un
bout de temps. Si Luc Picard et la belle Fatou NDiaye
jouent à la perfection, on ne saurait trop insister sur le talent de Céline Bonnier.
Cette actrice crève lécran, peu importe le personnage quelle interprète. Un Dimanche à Kigali est un long métrage au propos capital qui remet les pendules à lheure. Nos problèmes quotidiens nous semblent effectivement mineurs, en comparaison avec ceux vécus par le peuple rwandais. Avril 2006.
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