Harold and Maude (1971)

 

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Richard Gervais

Harold and Maude (version française : Harold et Maude) : il a 20 ans, elle… 80 !

États-Unis / 1971 / en couleurs / 91 minutes.

Réalisé par Hal Ashby.

Avec Ruth Gordon, Bud Cort, Vivian Pickles et Cyril Cusack.

 

Bien sûr, la plupart d’entre vous connaissez ce célèbre long métrage qui avait beaucoup contribué à la renommée du Cinéma Outremont, au début des années soixante-dix. Original, frais et raffiné, Harold and Maude a su traverser les époques sans avoir perdu une once de son charme initial…

Issu d’un milieu très riche – qui s’intéresse plus aux mondanités qu’à la vie de famille – Harold (Bud Cort) semble condamné à une éternelle adolescence. Pour attirer l’attention, il feint une quinzaine de suicides au point où sa mère (Vivian Pickles) décide un jour qu’il est temps pour lui de s’assagir et de penser à se marier. Elle fait donc défiler devant son fils une série de jeunes filles qu’elle choisit sans se soucier des goûts d’Harold qui utilise de rusés subterfuges pour éloigner à tout jamais la moindre candidate. Désespérée, sa maman ira jusqu'à consulter son beau-frère militaire et un psychiatre pour la soutenir dans son projet de caser son fils adepte de curieux hobbys dont celui d’assister à des funérailles d’inconnus.

C’est justement lors d’une de ces cérémonies dans une église que Maude (Ruth Gordon), une vieille dame excentrique, accostera Harold. Partageant le même goût pour le macabre, ils développent rapidement une amitié qui se transforme peu en peu en un sentiment plus profond. Ensemble, ils feront les quatre cents coups et Maude apprendra à Harold mille et un trucs pour profiter de la vie au maximum, en faisant fi de l’opinion des autres.

Harold and Maude fait partie de ces films qui ne se racontent pas. Même la lecture intégrale du scénario et des dialogues ne suffirait pas à égaler l’immense bonheur de le visionner. Le jeu enthousiaste de Ruth Gordon – gagnante d’un Oscar pour Rosemary’s Baby et décédée en 1985 – et de Bud Cort constitue un des éléments apportant à Harold and Maude sa crédibilité. Vivian Pickles est également excellente dans le rôle de cette mère complètement dépassée par les événements.

Un des moments les plus touchants est sans aucun doute la scène où on voit Harold souffler dans des bulles de savon, au petit matin, Maude étendue à ses côtés. On se rend compte que cet étrange couple dépareillé a fait autre chose que dormir mais le garçon n’en a pas moins gardé son côté enfantin. Très jolie scène !

Disparu en 1988, Hal Ashby avait signé d’autres importantes réalisations (The Last Detail, Coming Home, Being There, etc.) mais aucune n’a réussi à surpasser l’intensité de Harold and Maude. Mentionnons aussi les superbes chansons de Cat Stevens (presque toutes devenues des classiques) qui ponctuent brillamment les tribulations de cet étonnant duo.

Terminons cet exposé par une déclaration pince-sans-rire de l’acteur Bud Cort (Harold) : « On n’est jamais convenablement vêtu si on ne sourit pas… ».

Novembre 2007.

(NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Hiver 2007)

 

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