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Festival des Films du monde 2007 Mon opinion sur 16 longs métrages présentés durant la 31e
édition du FFM (en ordre alphabétique des titres originaux)
20,13. Portugal. Réalisé par Joaquim
Leitão. La guerre coloniale contre le Front de libération du Mozambique est en même
temps le théâtre dune relation interdite entre un capitaine de garnison et un beau
soldat. Larrivée de la femme du capitaine mettra le feu aux poudres. On croit
quil y aura une trêve pour la nuit de Noël mais la violence des combats sera
catastrophique. Cet intéressant portrait de lépoque aurait gagné en crédibilité
en nuançant davantage son propos. Andere Junge,
Der (Lautre
garçon). Allemagne. Réalisé par
Volker Einrauch. La vieille amitié dun couple damis est mise en péril par un
événement tragique : le fils de lun deux assassine froidement le fils de
lautre. Les parents du jeune assassin paniquent et enterrent le corps dans leur
jardin, suppliant leur enfant de taire toute cette histoire. Ce drame familial est filmé
avec une telle véracité quil nous amène à nous imaginer dans la même situation. Ben X.
Belgique Pays-Bas. Réalisé par Nic Balthazar. Accro dun jeu vidéo de son
invention, Ben, un adolescent autiste, est la risée de ses camarades de classe. Doté
dune intelligence supérieure malgré son handicap, Ben fomente un plan qui
modifiera la conception que les autres ont de lui. Le spectateur souscrit volontiers à
cette vengeance car Ben nous est immédiatement sympathique. Ce sujet intéressant accorde
peut-être trop dimportance au monde virtuel pour un public non averti mais
linterprétation du jeune Greg Timmermans est extrêmement convaincante. Bluff.
Canada. Réalisé par Marc-André Lavoie & Simon Olivier Fecteau. Une constellation de
vedettes du petit et du grand écran composent dans cette comédie réussie une galerie de
personnages hors du commun. Un édifice à logements voué à la démolition y recèle un
secret lié aux occupants successifs du même appartement. Sans prétention et chaleureux,
le scénario ne manque pas de temps forts. Les comédiens séclatent à mort et ils
nous transmettent avec aisance leur enthousiasme. Brunante, La. Canada. Réalisé par Fernand Dansereau. Le
31e FFM rendait hommage à luvre immense du cinéaste Fernand
Dansereau (bientôt 80 ans !). Cadeau royal pour les cinéphiles, La Brunante, la plus récente réalisation de ce
géant du septième art, est une production soignée, majestueusement photographiée et
interprétée subtilement. On y relate le parcours désespéré dune septuagénaire
(Monique Mercure) atteinte de la maladie dAlzheimer. Aucun larmoiement, aucun
apitoiement, seulement une touchante et mémorable tranche de vie. Eduart. Grèce Allemagne. Réalisé
par Angeliki Antoniou. Né en Albanie, pauvre et maltraité par son père, Eduart
(excellent Eshref Durmishi) quitte sa patrie pour la Grèce où il rêve de devenir star
du rock. Une nuit, à Athènes, il commet un meurtre pour lequel il sera emprisonné dans
des conditions humiliantes. Son calvaire lamènera à réfléchir sur sa vie passée
et il finira par expier son crime. Portrait tortueux dun jeune déchiré par la vie,
ce magnifique film est un bijou démotion. Go Go Tales.
Italie France. Réalisé par Abel Ferrara. Abel Ferrera est le réalisateur
dun de mes films favoris, Bad Lieutenant.
Cet individu ne craint pas la controverse et son uvre nous le rappelle constamment.
Les scènes crues et les dialogues à lemporte-pièce sont encore une fois au menu
mais avec un résultat très inégal. Se déroulant dans le milieu des night-clubs gérés
par la mafia, Go Go Tales napporte rien de
très neuf au genre. Lady
Chatterley. France. Réalisé par Pascale Ferran. Qui ne connaît
pas lintrigue du sulfureux roman de D.H. Lawrence LAmant de Lady Chatterley ? La cinéaste
française a rebaptisé son adaptation filmique tout simplement Lady Chatterley. Malgré les luxueux décors et la
photo impeccable, lennui est quelque peu au rendez-vous. Le jeu de Marina Hands (Les Invasions barbares) manque de passion, faute
impardonnable pour une histoire aussi sulfureuse ! Évidemment, la durée du film (2 h 38)
narrange rien
Mansfeld.
Hongrie Canada. Réalisé par Andor Szilágy. Budapest, 1956. Péter Mansfeld
était un révolutionnaire né, considéré encore aujourdhui comme un héros
hongrois. Ce long métrage nous montre en détails son implication dans la rébellion qui
avait secoué son pays au début des années cinquante. Construite comme un documentaire,
cette impressionnante dramatisation dévénements réels révèle les dessous
dune page de lhistoire hongroise dont nous, lointains Occidentaux, ignorions
à peu près tous les rouages. Un film vraiment exceptionnel ! Obsluhoval Jsem Anglického Krále (I Served the
King of England). République tchèque Slovaquie. Réalisé par Jirí
Menzel. Satirique, drôle puis presque tragique dans sa conclusion, cette comédie
dramatique raconte le parcours dun jeune serveur ambitieux (formidable Ivan Barnev)
qui rêve de devenir maître dhôtel dans un établissement luxueux. Il atteindra
son objectif à Prague mais
à quel prix ? Il tombe amoureux dune
sympathisante nazie, bonjour les problèmes ! Du même réalisateur que Mon cher petit village. Puffball.
Royaume-Uni Canada. Réalisé par Nicolas Roeg. Cette version cheap de Rosemarys
Baby est complètement dénuée dintérêt. Une architecte conçoit et fait
bâtir la maison de ses rêves dans un environnement hostile peuplé de freaks de tous
genres. Lorsquelle réalise quelle est enceinte, cette belle jeune femme
craint le pire pour sa vie et celle de son bébé, contrairement à nous, pauvre
public : on sen fout vraiment éperdument
Russky
Treugolnik (The Russian Triangle). Géorgie. Réalisé par
Aleko Tsabadze. Révolté par la mort violente de sa femme enceinte et de leur fille, un
professeur tchétchène se convertit à lIslam. Un étudiant de la région
sentête quant à lui à élucider une série de meurtres. Dun point de vue
presque clinique, ce long métrage pointe du doigt les horreurs de toute guerre.
Privilégiant les couleurs froides, la photographie du film épouse adroitement le
réalisme des situations. Scar.
États-Unis. Réalisé par Jerry Weintrob. Précédé dune réputation promettant
les émotions les plus fortes, Scar ne constitue
finalement quune lassante accumulation deffets dégueulasses. Un hurluberlu y
séquestre deux adolescentes quil torture à tour de rôle. Pour ajouter à leurs
souffrances, il leur tend un miroir afin quelles voient en détails toutes les
plaies quil leur inflige. Ce film débilissime
réjouira vraisemblablement les amateurs de slashers.
Personnellement outré, jai attendu avec impatience la fin de la projection
Toi.
Canada. Réalisé par François Delisle. On ne sait trop que penser de cette saga
racontant une histoire dadultère. Après son attachant Le bonheur, cest une chanson triste, le
scénariste-réalisateur François Delisle tombe de haut. Enfilades de lieux communs,
multiples scènes de baises, bons acteurs mal utilisés, ce long métrage a reçu un
accueil public tiède. Certains dialogues sont même involontairement drôles, signe
dun ratage assez évident. Anne-Marie Cadieux et Marc Béland y sont honteusement
gaspillés. Uomo Di Vetro,
L (LHomme de verre). Italie.
Réalisé par Stefano Incerti. Basée sur la vie aventureuse du premier repenti de la
mafia, cette production ne donne pas dans la dentelle. Effectivement, son personnage
central se retrouve dabord en prison, puis en hôpital psychiatrique pour finir
assassiné. Trop excessif dans son traitement, le récit suscite néanmoins
lintérêt. Malheureusement, le jeu de lacteur David Coco déçoit : il
en fait des tonnes et des tonnes
Viaggio
Segreto (Secret Journey). Italie France.
Réalisé par Roberto Andò. Deux jeunes enfants sont témoins du meurtre sanglant de leur
mère par leur père. 30 ans se sont écoulés; Leo et Ale se contactent rarement et
tentent doublier ce drame. Le jour où la maison familiale est mise en vente, ils se
revoient et les fantômes du passé ressurgissent
Dun sujet prometteur, le
cinéaste na pas su être à la hauteur, illustrant ce récit avec une certaine
confusion. Septembre 2007.
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