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Richard Gervais Dog Day Afternoon (Un après-midi de chien) : unique et
inclassable États-Unis / 1975 / en couleurs / 124 minutes. Réalisé par Sidney Lumet. Avec Al Pacino, John Cazale, Charles Durning et Chris Sarandon.
Tous deux rescapés de la guerre du Vietnam, Sonny et Sal (Al Pacino et John Cazale) voient les embûches samonceler devant eux, après avoir pris en otages les employés dune banque. Sonny a beau dire quil est catholique et quil ne veut blesser personne, on a du mal à le croire car il semble déterminé à atteindre son objectif. Il a besoin de beaucoup dargent pour son petit ami Leon (Chris Sarandon) qui désire une opération pour changer de sexe. Alors que Sonny saffaire à calmer (et même rassurer) les employés, le téléphone sonne soudain. Quelle nest pas la surprise du voleur dentendre la voix du sergent Moretti (Charles Durning), installé chez le coiffeur, juste en face de la banque. Moretti propose à Sonny de parlementer pour éviter que son délit ne fasse dinnocentes victimes. Il y aura dincessantes discordes entre les deux hommes. Ces pourparlers parfois venimeux ont tôt fait dattirer les badauds et une foule de plus en plus nombreuse accourt de partout. Évidemment, tous les médias friands de sensations fortes dépêchent sur place leurs meilleurs reporters pour commenter ce freak show dont la résolution sétire à nen plus finir. Bien malin celui qui pourra en prédire lissue Tout à fait inclassable, Dog Day Afternoon emprunte à de nombreux genres cinématographiques. Ceux qui ont envie dun thriller haletant se régaleront. Dautres y verront une intéressante peinture sociale de la société new yorkaise de lépoque. Les plus sensibles seront émus par les relations amour-haine de Sonny, non seulement avec son amant, mais aussi avec sa mère et son ex-épouse. Chose certaine, peu resteront sur leur appétit devant cet authentique chef-duvre du cinéma américain des années 70. La réalisation minutieuse de Sidney Lumet (12 Angry Men, Serpico, Network, etc.) impressionne par sa sobriété, malgré son rythme rapide lors des brèves incursions du héros en dehors de la banque. Dans cette production soignée, tout est réglé au quart de tour, tel un savant mécanisme dhorlogerie. Enfin, comment ne pas sextasier devant la prestation drôle, tragique, intense (et jen passe) dAl Pacino. Je dois reconnaître que je ne suis habituellement pas un grand fan de ce comédien dont le jeu souvent excessif (par exemple dans Scarface) me déplaît. Ce nest pas le cas dans Dog Day Afternoon : il y donne une performance parfaite et dose bien ses effets. Rappelons que ce film remporta lOscar du meilleur scénario original. Pacino dut se contenter dune nomination (sa 4e) car lAcadémie lui préféra Jack Nicholson dans One Flew over the Cuckoos Nest. Août 2007. (NDLR : Ce texte a également été publié dans le journal L'AER - Action, Automne 2007)
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