|
|
|
Richard Gervais The Childrens
Hour (version française : La Rumeur) :
tragédie à lécole États-Unis / 1961 / en noir et blanc / 107 minutes. Réalisé par William Wyler. Avec Shirley MacLaine, Audrey Hepburn, James Garner, Miriam Hopkins, Fay Bainter et Karen Balkin.
Enseignantes et associées dans un collège pensionnaire pour fillettes, Karen Wright et Martha Dobie (jouées par Hepburn et MacLaine) sont, à leur manière, des personnalités publiques. La réputation de ces demoiselles est au-dessus de tout reproche, du moins jusquà ce quune de leurs élèves se considère injustement punie. Lindisciplinée Mary Tilford (Karen Balkin) se vengera de cette sanction en confiant à sa grand-mère (Fay Bainter) que les directrices ont une liaison, un mensonge horrible que la vieille dame finira pourtant par croire, au point même daller en informer quelques parents détudiantes. La rumeur se répand comme une traînée de poudre et, en très peu de temps, lécole de Karen et Martha se vide. Fiancé à Karen, le respectable médecin Joe Cardin (James Garner) est lui aussi dépassé par les événements, surtout que la grand-maman accusatrice est sa propre tante. Quant à lirréfléchie tante de Martha (Miriam Hopkins), elle en rajoute en déclarant que sa nièce na jamais eu le moindre ami de cur Alors quil aurait été facile den faire une uvre sentencieuse et moralisatrice à outrance, The Childrens Hour est un film tout en finesse. Assaisonné dune dose raisonnable deffets chocs, le développement de lintrigue seffectue avec vraisemblance et on se révolte tout autant que les victimes de cette diabolique machination. Il faut dire que le réalisateur William Wyler nest pas le premier venu : on lui doit en effet quelques incontournables du cinéma américain (pensons, entre autres, à The Letter, Ben-Hur et Funny Girl). Sous la plume habile et parfois même fielleuse de la réputée écrivaine Lillian Hellman, les réparties tantôt cinglantes, tantôt tragiques apportent au scénario un puissant accent de vérité. Avouons que la rigidité morale de lépoque se prêtait bien à cet exercice et que, dans le contexte social des années 2000, cette histoire apparaîtrait plutôt improbable. Cette légère restriction nenlève rien à ce long métrage, indéniable prise de conscience des conséquences funestes de calomnies éhontées. Mai 2008. (NDLR : Ce texte a
également été publié dans le journal LAER Action, Été 2008)
|