Cheech (2006)

 

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Richard Gervais

Cheech : grinçant et… décevant 

Québec / Canada (2006); réalisé par Patrice Sauvé; interprété par Patrice Robitaille, François Létourneau, Anick Lemay, Maxime Denommée, Fanny Mallette, Maxim Gaudette et Gilles Renaud.

 

François Létourneau et Fanny MalletteAdapté du très couru spectacle théâtral Cheech (les hommes de Chrysler sont en ville), le scénario de Cheech prend place dans une (jadis) prospère agence de callgirls. Ron, le gérant (Patrice Robitaille), est un individu déprimé au bord de la névrose. La fille la plus sollicitée de son ‘entreprise’, l’insolente Jennifer (Anick Lemay), lui en fait baver avec des enfantillages. Ça ne suffisait pas, semble-t-il : le précieux book où sont photographiées toutes les demoiselles disponibles pour la clientèle est volé ! Les malfaiteurs ayant pris soin de vandaliser le local minable servant de bureau à Ron, celui-ci passera les vingt-quatre heures suivantes à tenter de démasquer le(s) coupable(s).

Qu’on se le dise : les répliques assassines et les expressions crues pullulent dans Cheech : chastes oreilles, s’abstenir ! Quoique le propos soit allégé par de multiples épisodes où sévit un humour grinçant, Cheech dépeint six personnages profondément tristes et désespérés. Ce sextette est extrêmement attachant et on se désole de leurs malheurs qui sont par ailleurs habilement désamorcés par des pirouettes verbales provoquant nos nombreux éclats de rire.

Sans arriver à nous faire oublier la pièce originale, cette production soignée (un brin maladroite) nous fait passer un bon moment, bien que la finale soit insatisfaisante et un peu bâclée. Parmi les interprètes, les moins doués sont ceux absents de la version scénique. Anick Lemay, presque trop belle, manque vraiment de mordant. Quant à Gilles Renaud, son crâne dégarni et sa nudité (aussi inutile qu’injustifiée) n’arrangent rien à son cabotinage.

Auteur maintes fois louangé (et avec raison), François Létourneau s’avère infiniment plus talentueux pour l’écriture théâtrale (Cheech… et Gestion des ressources humaines, entre autres) et télévisuelle (Les Invincibles) que pour la scénarisation d’un film.

Pour conclure, Cheech est à la fois honnête et décevant. Foncièrement théâtral, ce sujet ne se prêtait peut-être pas obligatoirement à une transposition au cinéma.

Octobre 2006.

 

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