2:37 (2006)

 

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Richard Gervais

2:37 (version originale anglaise sous-titrée en français : 2h37) : triste et magnifique *

Australie (2006); écrit et réalisé par Murali K. Thalluri; interprété par Teresa Palmer, Joel Mackenzie, Frank Sweet, Clementine Mellor, Charles Baird et Sam Harris.

 

Charles BairdC’était une journée comme toutes les autres, jusqu’à ce que… À 2 h 37 précises, on trouve le corps ensanglanté d’un étudiant dans les toilettes d’une école secondaire. Le jeune désespéré s’est ouvert les veines. Pour tenter d’élucider ce drame, le long métrage 2:37 remonte dans le temps, jusqu’au tout début de cette journée fatidique.

Entrecoupée de témoignages des collègues de l’adolescent – en gros plans et en noir et blanc –, l’intrigue nous livre avec discrétion et sensibilité les drames intimes vécus par chacun d’eux.

Certains diront que le jeune scénariste-réalisateur « beurre épais » pour son premier film. Effectivement, plusieurs thèmes délicats s’intègrent à l’action : drogues, anorexie, incontinence, homosexualité, inceste, grossesse, etc. Cette accumulation de situations problématiques aurait pu se noyer dans l’apitoiement mais le naturel des dialogues et le jeu phénoménal des jeunes comédiens (la plupart débutants) force l’admiration.

Déconstruisant et reconstruisant inlassablement la chronologie des heures précédant ce suicide, le scénario ne s’égare jamais. Malgré ce constant passage du présent au passé, puis du passé au présent, notre intérêt croît au fur et à mesure que la pellicule déroule.

L’adolescence est fréquemment une phase trouble de notre évolution et 2:37 le prouve avec un talent immense. Chose certaine, il faut chercher dans cette œuvre – car c’en est une, indéniablement – plus que l’aptitude du spectateur à deviner l’identité du disparu qui ne nous est révélée qu’à la toute fin (assez surprenante, d’ailleurs).

On a beaucoup parlé de la parenté de 2:37 avec Elephant de Gus Van Sant. Tous deux se situent dans une école, dans un laps de temps identique, en se jouant de la chronologie, mais Elephant, avec son traitement froid et distant, sort perdant de sa comparaison avec 2:37.

Signé par un inconnu âgé d’un peu plus de vingt ans (lui-même un ex-candidat au suicide), ce long métrage venu du bout du monde impressionne par sa maturité. Un film extrêmement déprimant, ne nous le cachons pas, mais d’une troublante beauté.  9/10

Site officiel du film

2007-04-23.

* Fait partie de mes films favoris de 2007.

 

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